MUSÉE DE L’ESCLAVAGE

Allada (Bénin)

  • ALLADA (BÉNIN)
  • CONSTRUCTION D’UN MUSÉE
  • ESPACE MUSÉOGRAPHIQUE / JARDIN
  • LIVRAISON : 2024
  • MAÎTRE D’OUVRAGEAGI Imaginaring
  • SCÉNOGRAPHESLes Crayons
  • PAYSAGISTESD'ici Là Paysagistes
  • SURFACE4 000 M² SDP + Espaces Extérieurs
  • COÛT12 M€ HT
  • PERSPECTIVES© VIZE

C’est d’abord une histoire de pèlerinage, en lien avec l’héritage d’une Histoire. Le musée de l’esclavage d’Allada marque une étape forte sur la route symbolique et historique du Bénin, d’Abomey à Ouidah. Il définit un parcours. Il devient circonvolution : depuis la route d’accès au site puis passant par les jardins thématiques, le visiteur emprunte un chemin le dirigeant jusque dans les espaces muséographiques. Ses pas sont guidés vers l’ascension graduelle d’un escalier unidirectionnel pour ensuite redescendre et rejoindre à nouveau les extérieurs, « libre » de reprendre sa route.

C’est aussi un travail de mémoire éprouvant, liant repentir et recueillement. Parler de l’esclavage est avant tout parler d’une conscience collective liée à une (des) expérience(s) fondamentalement personnelle(s), familiale(s) et ethnique(s) : déracinement, tension jusqu’à l’épuisement, enfermement… Mais parler de l’esclavage est également introspectif : résistance, opposition, exhortation…

L’expérience du musée joue de contrastes entre ombre et lumière, matières lisses et rugueuses, effort physique et moments de tranquillité. Le musée se dresse dans le paysage, de manière simple et volontaire : un cube légèrement suspendu au-dessus du sol s’affiche par sa blancheur (rappelant la chaux de certaines habitations locales), dont la matière se creuse pour faire apparaître comme des traces sombres du temps passé – rappelant la terre foulée par les esclaves.

Ce monolithe exprime le vécu des personnes qui ont traversé ce violent déracinement tout en affirmant la force qu’ils en ont puisé. Il surplombe une étendue d’eau qui illumine sa façade principale. Une ligne s’installe dans le paysage, d’où ressort une figure : Toussaint Louverture. Ce symbole de l’abolition de l’esclavage marque le ton et accompagne le propos : il crée le lien entre l’extérieur et l’intérieur du musée, entre la partie émergente et celle immergée (sous l’eau).