MUSÉE DU VAUDOU

Porto Novo (Bénin)

  • PORTO NOVO (BÉNIN)
  • CONSTRUCTION D’UN MUSÉE
  • ESPACE MUSÉOGRAPHIQUE / JARDIN
  • CONCOURS : 2017
  • MAÎTRE D’OUVRAGEAGI Imaginaring
  • SCÉNOGRAPHESLes Crayons
  • PAYSAGISTESD'ici Là Paysagistes
  • SURFACE8 500 M² SDP + Espaces Extérieurs
  • COÛT36 M€ HT
  • PERSPECTIVES© VIZE

Le vaudou pose comme précepte qu’il existe une double nature en toute chose : une nature matérielle intimement liée à une dimension spirituelle. Cette dualité s’applique sur le site en mettant en relation des énergies, des polarités : l’actif (l’arène vaudou et le parc) se rattache au vivant par son dialogue avec la nature existante ; tandis que le passif (le musée) pose les bases d’une approche où l’homme retrouve un ancrage intellectuel et pédagogique du vaudou. Ces deux états se conjuguent à travers le projet, entre Nature et artifice : des pôles construits se relient entre eux par des cheminements naturels. Ils reconfigurent le visage du site en renforçant sa direction, son axe originaire depuis l’arbre sacré au Nord jusqu’aux étendues agricoles de la lagune au Sud.

Le vaudou est également une religion codifiée qui se caractérise par des étapes initiatiques. C’est une démarche conditionnée physiquement et spirituellement par des seuils, des transitions, du profane vers le sacré. Le projet met en exergue cette relation entre intériorité et extériorité en positionnant la sphère publique (le parc et l’arène) face à la sphère de l’intime (le musée).

Mais le vaudou est avant tout une pratique bienveillante. Il prodigue protection en se servant des éléments naturels fondamentaux : la terre, le ciel, l’eau…, à travers la symbolique de ses dieux vertueux et de ses rites associés.
Le projet propose donc de mettre en scène des places généreuses couvertes et/ou ouvertes sont donc dessinées et se déploient en une succession de lieux à usages multiples.

Le projet emprunte à cette richesse religieuse en même temps qu’aux traditions vernaculaires du Bénin. 3 composantes structurent donc le projet :
– une toiture fédératrice et unificatrice se faufile dans le paysage, en rapport avec le ciel et les dieux vaudous, et la canopée des arbres,
– une profusion de piliers aux langages multiples (porteurs ou directionnels) s’ancre dans le sol, rappelant aussi bien des fétiches que les poteaux structurels des habitats traditionnels,
– une série de noyaux et filtres concentriques verticaux marquent les transitions et les seuils, partant du végétal jusqu’aux espaces d’exposition et à l’arène, ainsi protégés.

L’accent est également mis sur les matériaux et les techniques locales – avec une symbolique toujours présente :
– la toiture ondulante est biface, lisse et enduite de latérite sur l’extérieur en opposition avec une face intérieure rugueuse et sombre rappelant l’écorce d’un arbre – ou par extension la nature intrinsèque de la statuaire vaudou.
– le filtre extérieur des espaces est constitué de lames en céramique et terre cuite rouge – c’est par extension l’antichambre des temples vaudous.
– le dernier filtre intérieur opaque (ou partiellement ajouré) varie aussi bien entre briques de terre et paroi béton – rappelant l’espace rituel à l’abri des regards.

L’intervention paysagère est également primordiale : elle renforce les qualités du site (boisements) et relie l’eau à la terre (la lagune à l’arbre sacré). Son dessin permet de créer des transitions douces.